vendredi 24 juin 2011


La patine

Grise Cette mine
Matin vautré dans
Son grand lit
Grinçant de multiples défaites
Matin
Ô gisant
Confié aux draps affalés
Dédaignés des vents
Matin échoué sur le sable
D’un improbable rivage
S’éloigne à pas lents l’Adonis
Inexorable adieu sans retour vers L’avant
Visage moins sage
Un pli Une ride Une cicatrice
Ombres sur la toile
Que peint le temps

mardi 17 mai 2011

La moitié du jour, il fait nuit.



Stanislas Cotton – La moitié du jour, il fait nuit - Editions Luce Wilquin


Des milices armées écument une région d’Afrique centrale sous la conduite du cruel Cobra. Elles déciment les familles, violent les femmes, détruisent les récoltes et pillent les maisons. La haine bâtit son empire.
Lors d’une soirée très arrosée, Kostia Vassiliev, correspondant de guerre au Journal, annonce à son ami Aristide Mironton, écrivain public et rêveur patenté, son départ pour cette région meurtrie d’Afrique. Mais Kostia disparaît après avoir pris la route avec un convoi humanitaire…
En vente dès le 12 mai.

PREMIERES LIGNES...
L e pick-up est ancien. Vieille mécanique asiatique munie de quatre roues motrices, qui entame, comme tant d’autres, une seconde ou une troisième vie dans cette région du monde. L’économie de marché se débarrasse de la ferraille en l’envoyant sous les tropiques. Manifestement, en d’autres temps, le pick-up était rouge, mais aujourd’hui, sa peinture écaillée est parsemée de taches de rouille et, par endroits, le métal de la carrosserie est troué. Un crâne humain aux dents parfaitement alignées, fixé à l’avant du capot, et au-dessous, deux tibias, propres et lisses, entrecroisés sur la grille du radiateur, composent une sordide bannière de pirates. Deux puissants phares ont été montés sur le toit de la cabine. À l’arrière, un trépied métallique boulonné sur le plateau de chargement, soutient le corps luisant d’une mitrailleuse légère qui pivote sur un angle de 360°. De chaque côté du pied repose une caisse de munitions. Des restes de nourriture séchée collent au plancher au milieu d’éclats de verre, de douilles et de détritus divers. Le pick-up est rangé, hayon arrière abaissé, dans l’ombre fragile d’un arbre, le long du mur de planches d’une petite maison. Il est treize heures, tout est figé dans la touffeur du début d’après-midi.Les mouches bourdonnent dans l’air, elles vont et viennent sans répit, elles fredonnent, vrombissent, zonzonnent, elles se posent sur les visages, étudient les lèvres, les narines, elles cheminent, piétinent, tricotent, elles s’abreuvent dans les yeux.
Parmi les mouches tournoient, invisibles harpies frappant des tambours macabres et entêtants, les pensées obscures et les obscénités surgies brusquement des âmes où elles étaient enfouies et qui emplissent aujourd’hui le monde de ténèbres.
Il est leur chef. Il est de taille moyenne. Il porte un t-shirt de couleur claire que la transpiration colle sur les muscles saillants de sa poitrine. Des bottines. Son pantalon de treillis a glissé sur ses chevilles. Une casquette noire avec le dessin d’une tête de mort est vissée sur son crâne. On ne voit pas ses yeux qui sont fixés sur sa proie.
Elle danse, elle danse, la tête de mort, en rythme, au rythme du travail, au son des tambours des harpies, elle danse, elle rit, elle mord, mort, la mort pérégrine, nonchalante, lascive, elle officie laissant dans son sillage une jonchée de cadavres. Il opère tandis que les autres immobilisent l’homme et ses deux enfants. Ils observent son travail. Leurs mains font constamment des gestes agacés qui composent un ballet insolite, doigts, mains, ballet de doigts envolés, chasseurs agacés, mais lui, il ne combat plus les insectes, il sent parmi les gouttes de sueur qui ruissellent sur son visage le pas dansant des cantharides, son esprit est ailleurs, il chevauche d’autres territoires, il pille d’autres contrées.
Un homme, une femme, deux enfants: un garçon et une petite fille. Une famille. La femme, la mère des enfants, est étendue à l’arrière du pick-up… Chaque fois que l’homme ferme les yeux, la lame d’un coupe-coupe s’enfonce un peu plus, fil de rasoir incisant la peau de sa gorge.
– Tu regardes! Obéis, regarde ta femme!
Les mots sarabandent dans la tête de l’homme: regarder, regarder, obéir! Quel vacarme, quel tapage! Les yeux de l’homme sont secs car il n’a plus de larmes à verser. Ses paupières clignent, papillons englués. Le garçon, torse nu, tremble comme une feuille, de l’urine coule le long de ses jambes et une odeur de merde se répand autour de lui. La fillette à ses côtés, sa sœur cadette, est pétrifiée, la bouche ouverte.
Affalé sur le volant, bercé par la légère trépidation qui parcourt le véhicule, le chauffeur fume un joint, il fume, il fume un joint. L’odeur lourde du cannabis emplit l’atmosphère confinée de la cabine. Chaque fois que se dissipe le nuage de fumée qu’il recrache, son regard sonde les entrailles du bœuf éventré qui gît au milieu de la piste.
Sur le plateau arrière, la tête de la femme, l’épouse, la mère, roule de gauche à droite. Mécanique, de droite à gauche. Mécanique. Roule, gauche, droite. Et encore, roule. Là-haut, sur la casquette, sourit la tête de mort qui danse, qui danse au rythme du travail, au son des tambours, elle danse, elle rit, elle mord, hurlent les harpies, mort qui danse, qui mord, danse la mort. Les débris de verre qui jonchent le sol dessinent de fines entailles dans la peau nue des épaules de la femme. De sa bouche s’échappent des sons rauques, coups de glotte, déglutis, râles, haleine courte aux trousses du souffle perdu, des sons dont on ne sait trop s’ils expriment un plaisir ou une douleur. Les autres regardent et lui, tout à sa besogne, interroge la tête qui roule, gauche, droite, roule; danse la tête de mort.

mardi 19 avril 2011

Création

SYNAPSE

chorégraphie de Isida Micani
interprétation : Benjamin Bac, Philippe Polet
compositeur, vidéaste (en direct) : Spike
texte "La cervelle de Kennedy" de Stanislas Cotton

Après Mira Dora, solo inspiré de la vie de Dora Maar, et Hana, trio de femmes sur la question du genre, Isida Micani, poursuit ici sa recherche sur la naissance et la construction de l’identité. Avec SYNAPSE, elle s’immerge dans les méandres du cerveau, lieu des émotions et autres bizarreries… 
Avec cette pièce conçue pour deux danseurs, un comédien et un musicien, interagissant avec un décor sonore et visuel, la compagnie aKoma névé s’intéresse à la mécanique cérébrale, et plus précisément à la fonction de contact et de communication de cet organe.
Dans le cadre de "DANSE à LILLE", 
les 5, 6 et 7 mai à 20h30
Au "GYMNASE", 
5 RUE DU Général CHANZY à Roubaix
(33) 03 20 20 70 30



jeudi 14 avril 2011


Je ne comprends pas

Je ne comprends pas Ministre
Tu dis qu’à tout prix
Il faut se défendre
Repousser la menace
Renvoyer chez eux
Par la force
Ces affreux
Qui Au risque d’y perdre la vie
Embarquent sur des coquilles de noix
Bateau de fer
Barques de bois
Carcasses rouillées
Chalutier coulé
Oui On meurt en mer
On meurt noyé

Tu dis Ministre
Qu’il faut se prémunir du danger
Chasser l’envahisseur
Qu’il est temps de prendre les armes
Et de faire feu
Je ne comprends pas Ministre
Où est passé l’homme en toi
Le fric est un tueur sans scrupule
Et l’égoïsme le fossoyeur qui creuse ses tombes

Ô Ministre Minister Ministro
Tu nies d’autres existences
Le monde n’appartient qu’à toi et à tes chiens
Dans la société désastreuse Tu chacunpoursoites
Tu harangues et l’on t’élit
Tu es le triste reflet de ces temps de frustrations
Où les citoyens aigris
Emboîtent le pas de ceux qui spéculent sur la peur de l’autre
Honte à ces Ligues à ces fronts à ces factions
À ces partis Pris sur le fait
Tout fiel dehors
Racistes Envieux Intolérants
Honte à vous
Shame on you
Vergogna su di voi

Triste Ministre Minister Ministro
Pauvre petit homme
Qui rêve son coin de terre
En nombril du monde
Pauvre
Qui souhaite que l’on brûle certains livres
Que l’on bâillonne celui qui s’oppose
Pauvre
Impatient de voir les tiens brandir des armes
Parce qu’il faut punir N’est-ce pas
Parce qu’il faut sévir
Pauvre
Comme je sens ta peur
Pauvre
Tu l’as oubliée ton humanité
Tu la tues
Tu vas donner l’ordre de tirer
Et il sera trop tard
Quand tu te rendras compte
Que c’est vers toi-même
Que les canons des fusils
Sont levés

S.C. 13 avril 2011

dimanche 20 février 2011


Féliciel Tartempion

Dans le salon
Pourquoi pas
Rester dans le salon et prendre les poussières Voilà
Le plumeau est un outil performant
L’aspirateur aussi
Tu l’as vu celui-là Tu l’as vu
Quel passeur d’aspirateur
Un passeur certifié Haut de gamme
La crème de la crème L’élite Pas peu dire
Remettre le beurre dans le frigo La confiture
Ôter les assiettes Secouer la nappe
Non Le casse-noisettes ne se range pas dans le sucrier
L’économe est un ustensile de première classe
Et non Non Pas de balayures sous le tapis Merci
Ah C’est mercredi
Découper la pièce de viande
Extraite du colis livré par le boucher
Afin de ranger de belles tranches
Dans le compartiment de congélation de mon réfrigérateur
Dans le but d’avoir à portée de main
De beaux biftecks à décongeler
Lorsque l’envie s’en fera sentir
On ne mélange pas les couteaux avec les fourchettes
Et non plus Les petites avec les grandes cuillères
L’ordre est le premier commandement de l’organisation
La serpillière convient au nettoyage des sols
Mettre le linge dans la machine à laver
Choisir le programme Quel programme
Disons Moyen Programme moyen Quarante degrés Hop
Et voilà une bonne chose de faite
Diplômé Moi Lessiveur de première classe
Breveté idem Pendeur de linge fraîchement lessivé
...
Extrait de "La disparition des ours" inédit 2010

mercredi 16 février 2011

"Il faut admettre qu'on ne sait rien, 
cot, cot, cot, comme disent les poules."

Witold Gombrowicz

mardi 21 décembre 2010

UNE JOYEUSE NOUVELLE en cette fin d'année !

VINCENT GOETHALS, avec lequel j'ai la chance de collaborer ces dernières années, prendra prochainement la direction du THEATRE du PEUPLE de BUSSANG (ici...). Je me réjouis donc de découvrir bientôt ce lieu magique de toute beauté et d'y proposer des ateliers ainsi que de nouvelles créations.

dimanche 19 décembre 2010

"Chacun a un fou dans sa manche." 
proverbe italien

Meilleurs voeux pour l'année nouvelle !

dimanche 12 décembre 2010


Du sang dans le jardin de Lewis Caroll

Quand Nico noie son regard dans le bleu du ciel
Le lièvre de Mars fait une partie de thé
De Lewis C’est l’Alice au pays des merveilles
De Caroll Le bestiaire dessiné de Disney
Qui défile en riant sur l’azur de l’écran
J’suis en r’tard J’suis en r’tard Marmonn’ le lapin blanc

C’est Nico qui rêve Une balle dum-dum
Logée dans la culasse de son fusil d’assaut
Il fredonne un air de Tweedledee Tweedeldum
En caressant des doigts le ventre du Dodo
Tandis que le Roi appelle le témoin suivant
J’suis en r’tard J’suis en r’tard braille le lapin blanc

Refrain :
Mais détonnent les cris de la Reine
Qu’on lui coupe la tête
Qu’on lui coupe la tête
S’écroulent les cartes qui troublent la fête
Fleurissent rouges Des roses sur les poitrines

Il y a du sang dans le jardin d’Lewis Caroll
Le loir Pour toujours Dans les bras du chapelier
Allongé aux côtés d’Alice sur le sol
Et Nico En larmes Derrière les fleurs fanées
Que dites-vous de cette affaire Dit le Roi
J’suis en retard J’suis en r’tard Pleure le lapin blanc

Au pays de Nico Les enfants sont soldats
Mais que savez-vous de cette affaire dit le roi
Et bien Rien Dit le lièvre Rien de tout cela
Et le sang coule Et le sang reste sur leurs doigts
Car la rose des vents a perdu la boussole
Il y a du sang dans le jardin d’Lewis Caroll

S.C. 2009

jeudi 18 novembre 2010

AU BOIS DORMANT


1.
Matin blotti tout contre le corps de la nuit
Epèle Tremblant Ses velours du bout des doigts
Garder Dit-il Te garder Seulement cette fois
Ne peux-tu t’évader un jour du temps qui fuit

Elle gémit S’accroche aux bras qui l’enlacent
Découvre les lèvres qui cherchent les siennes
Rester Dit la nuit qui se penche et l’embrasse
J’ai peur que de ceci jamais le temps ne vienne

Et l’amoureuse telle une vague dans les soies 
Roule dans un soupir vers la rive du lit
Et l’amoureux n’y peut rien À peine embrassée

La belle se retire Il en pleure parfois
Larmes de matin sur le monde Petite pluie
Il garde sur les lèvres le gôut de l’embrassée

2.
La nuit revient plus tard Après le crépuscule
Dans les ruines du jour Elle cherche le matin
Cet insaisissable amant qui toujours recule
Ou est-ce elle qui s’enfuit lorsqu’il lui tend la main

Le doute la ronge Sans jamais de répit
Qui de lui ou d’elle Qui lui dira qui des deux
Mais qui laisse la place Qui s’efface du lit
Si c’est elle qui s’en va Beau matin lui en veut

Voilà ce qu’elle présume Mais lui fièvreux l’attend
Couché dans ses draps sous le fil de l’horizon
Point de colère mais une prière qui l’appelle

Se frôlent S’effleurent Mais se perdent les amants
Il court Il la recherche Plein de confusion
À coups de pelle On le voit même fouiller le ciel

3.
On peut le voir parfois Etrange promeneur
Fouler les campagnes Un prénom sur les lèvres
Soliloquer en haut des remparts d’Elseneur
Matin fol Portant un mal que rien ne sèvre

On peut la voir aussi Morne voyageuse
Glisser ici et là Le regard éperdu
Guettant fièvreuse l’heure miraculeuse
Qui lui fera retrouver son amant perdu

Triste roi Triste reine Dans les plis du temps
Reclus par la lumière Captive des ombres
Les rires du soleil vous donnent le fouet

Et les dents des étoiles vous mordent jusqu’au sang
Cette bouffonnerie des dieux est bien sombre
Jour Nuit Dormez Piquez-vous le doigt au rouet

4.
Et voilà les amants au cœur du bois dormant
Réunis par le sommeil dans le même lit
Qu’il est bon de les voir Apaisés Si charmants
Qui respirent ensemble L’un à l’autre promis

Comment va tourner le monde sans nuit Sans jour
Je me le demande Oui Je me le demande

Chût Retirons-nous sur la pointe des pieds
Prenons des vacances
De longues vacances
Cent ans c’est long
Cent ans C’est bien Non
S.C. 2009

samedi 13 novembre 2010






Alouette
Le jour trébuche Maladroit
Les pieds dans le tapis Maladroit
Les pieds dans le tapis du crépuscule Et patatras
Patatras non Mais non Pas lui
Il prend son temps Lui Son temps Comme il le prend
Quel luxe de choir ainsi Au ralenti Choir
Un plané Un lent vol plané Plané
Le goutte-à-goutte des minutes
Plic Dans l’infini du temps Ploc L’infini Plic Du temps Ploc
Et la chute interminable du jour
Dans les velours de la nuit
J'ai froid
Un lent déclin Trop J’ai froid
Ce qu’elle dure Cette chute
Elle n'est pas secouée de douleur Non
Elle n’est pas saturée de vacarme Elle
Pas d’épilogue au cours des choses
Le jour s’évanouit en douceur
Il prodigue son éloge de la lenteur
Tout est calme et pourtant
Le fond de l’air effraie


"Les chiens qui hurlent à la lune ont dans la gueule le goût amer de la fin du monde" (début)

jeudi 11 novembre 2010

...
Ulysse
À force de semer mes pas dans la poussière
De courir pour rattraper l’horizon
Je m’égare dans le décompte des jours
Je perds le fil
Et les matins ne portent plus de noms
Mais je marche
Je tourne le dos au soleil
J’avance tout le jour me jouant du désert
Je m’endors dans les plis d’une dune
Me relève le matin
Et repars vers la mer
Un soir J’aperçois la clôture
Dans le crépuscule Au soleil couchant
Ainsi À la frontière Se dresse un mur de barbelés
Barricade Rempart Fermeture
Des soldats pointent leurs armes
Derrière eux Ma vie future
Et ici Mon passé
...
Extrait de "Bug" 2010

mercredi 13 octobre 2010

        A Geneviève Damas le Prix du Parlement de la Communauté française


C'est Geneviève Damas 
qui a reçu le Prix littéraire 2010 du Parlement de de la Communauté française 
de Belgique pour sa pièce STIBAu cours d'une très sympathique cérémonie, 
elle a été fêtée comme il se doit, mais les autres finalistes ont également eu droit 
à des égards dignes de l'intérêt que le jury a manifesté pour leur pièce.

Sur notre photo, de G à D, Jean-François Viot, Eve Calingaert, Geneviève Damas et 
Vincent Zabus ; Stanislas Cotton (qui vit à Rome) n'ayant pas pu faire le déplacement.

jeudi 30 septembre 2010

Le PRIX LITTERAIRE 2010 DU PARLEMENT DE LA COMMUNAUTE FRANCAISE 
(consacré cette année au théâtre) sera décerné le lundi 11 octobre à midi.

Voici les cinq  finalistes :
- Eve Calingaert : N’écoutez pas les grenouilles
- Jean-François Viot : Sur la route de Montalcino
- Stanislas Cotton : La Dictée
- Genevieve Damas : Stib 
- Vincent Zabus : Les Ombres

vendredi 17 septembre 2010

L’air du temps Quelle poisse

Trimballe de ces odeurs

Des relents écoeurants

Qui donnent la nausée

Déjà Le cours des choses

N’était Pas exactement à l’estime de l’autre

À l’achat Sans doute Pas au respect

L’argent n’a jamais rien ennobli

Au temps du chacun pour soi

Voilà que se remet au goût du jour

La sélection Le triage

La déportation

Le pied au cul Salauds de pauvres

Dehors Dégage Tu pues

Les pauvres des pauvres Les Romanichels

Boucs émissaires de gouvernants malades

égocentriques Shootés au pouvoir

Qui ne répondent plus que par oui ou par non

Par bon ou méchant Par blanc ou noir

Gouvernants qui ont sacrifié sur l’autel de leur ambition

Les territoires immenses de la pensée

Situés Précisément Entre ce oui et ce non

Les Romanichels Dont le temps et l’érosion ont fait des Roms

N’en restera bientôt rien Ro R Pfuit Disparus

Deux grands pays Dont La patrie des droits de l’homme

Ont choisi de s’en débarrasser

Oust Fiche le camp de notre arrière-cour

On veut du propre Du poli Du policé

Du pas trop allogène Pas trop métissé

Voilà que s’installe le mépris pour la justice

Pour les institutions Pour le droit

Le droit qui fonde nos sociétés humaines

Le mépris pour la liberté de pensées

La liberté d’être

La liberté

Il va être joli l’humain qui restera

Amputé d’une part de lui-même

Mais il ne veut pas le savoir

Non surtout pas

Qu’il regarde dans la même direction que ceux qui le gouvernent

Qu’il approuve

Après tout Il a voté pour eux

Qu’il s’agenouille devant sa nation

Après tout Qu’il est bien chez lui

Il est tranquille maintenant Il est content

Il est propre et poli

Il ne répond pas

Il ne critique plus

Il ferme sa gueule

Ne me demandez pas si j’en pleure

S.C. 17 septembre 2010

jeudi 2 septembre 2010



"Le ventre de la baleine"

avec Valérie Dablemont,
et Spike aux instruments
Mise en scène Vincent Goethals





(crédit : Spike)
du 17 au 24 septembre
au Théâtre Les Bambous
à Saint-Benoît
La Réunion
+262503863