mercredi 27 juillet 2011
vendredi 24 juin 2011
vendredi 10 juin 2011
mardi 17 mai 2011
La moitié du jour, il fait nuit.
Stanislas Cotton – La moitié du jour, il fait nuit - Editions Luce Wilquin
14 X 20,5 CM, 192 PAGES
ISBN 978-2-88253-422-4
EUR 19.-
Lors d’une soirée très arrosée, Kostia Vassiliev, correspondant de guerre au Journal, annonce à son ami Aristide Mironton, écrivain public et rêveur patenté, son départ pour cette région meurtrie d’Afrique. Mais Kostia disparaît après avoir pris la route avec un convoi humanitaire…
En vente dès le 12 mai.
PREMIERES LIGNES...
L e pick-up est ancien. Vieille mécanique asiatique munie de quatre roues motrices, qui entame, comme tant d’autres, une seconde ou une troisième vie dans cette région du monde. L’économie de marché se débarrasse de la ferraille en l’envoyant sous les tropiques. Manifestement, en d’autres temps, le pick-up était rouge, mais aujourd’hui, sa peinture écaillée est parsemée de taches de rouille et, par endroits, le métal de la carrosserie est troué. Un crâne humain aux dents parfaitement alignées, fixé à l’avant du capot, et au-dessous, deux tibias, propres et lisses, entrecroisés sur la grille du radiateur, composent une sordide bannière de pirates. Deux puissants phares ont été montés sur le toit de la cabine. À l’arrière, un trépied métallique boulonné sur le plateau de chargement, soutient le corps luisant d’une mitrailleuse légère qui pivote sur un angle de 360°. De chaque côté du pied repose une caisse de munitions. Des restes de nourriture séchée collent au plancher au milieu d’éclats de verre, de douilles et de détritus divers. Le pick-up est rangé, hayon arrière abaissé, dans l’ombre fragile d’un arbre, le long du mur de planches d’une petite maison. Il est treize heures, tout est figé dans la touffeur du début d’après-midi.Les mouches bourdonnent dans l’air, elles vont et viennent sans répit, elles fredonnent, vrombissent, zonzonnent, elles se posent sur les visages, étudient les lèvres, les narines, elles cheminent, piétinent, tricotent, elles s’abreuvent dans les yeux.
Parmi les mouches tournoient, invisibles harpies frappant des tambours macabres et entêtants, les pensées obscures et les obscénités surgies brusquement des âmes où elles étaient enfouies et qui emplissent aujourd’hui le monde de ténèbres.
Il est leur chef. Il est de taille moyenne. Il porte un t-shirt de couleur claire que la transpiration colle sur les muscles saillants de sa poitrine. Des bottines. Son pantalon de treillis a glissé sur ses chevilles. Une casquette noire avec le dessin d’une tête de mort est vissée sur son crâne. On ne voit pas ses yeux qui sont fixés sur sa proie.
Elle danse, elle danse, la tête de mort, en rythme, au rythme du travail, au son des tambours des harpies, elle danse, elle rit, elle mord, mort, la mort pérégrine, nonchalante, lascive, elle officie laissant dans son sillage une jonchée de cadavres. Il opère tandis que les autres immobilisent l’homme et ses deux enfants. Ils observent son travail. Leurs mains font constamment des gestes agacés qui composent un ballet insolite, doigts, mains, ballet de doigts envolés, chasseurs agacés, mais lui, il ne combat plus les insectes, il sent parmi les gouttes de sueur qui ruissellent sur son visage le pas dansant des cantharides, son esprit est ailleurs, il chevauche d’autres territoires, il pille d’autres contrées.
Un homme, une femme, deux enfants: un garçon et une petite fille. Une famille. La femme, la mère des enfants, est étendue à l’arrière du pick-up… Chaque fois que l’homme ferme les yeux, la lame d’un coupe-coupe s’enfonce un peu plus, fil de rasoir incisant la peau de sa gorge.
– Tu regardes! Obéis, regarde ta femme!
Les mots sarabandent dans la tête de l’homme: regarder, regarder, obéir! Quel vacarme, quel tapage! Les yeux de l’homme sont secs car il n’a plus de larmes à verser. Ses paupières clignent, papillons englués. Le garçon, torse nu, tremble comme une feuille, de l’urine coule le long de ses jambes et une odeur de merde se répand autour de lui. La fillette à ses côtés, sa sœur cadette, est pétrifiée, la bouche ouverte.
Affalé sur le volant, bercé par la légère trépidation qui parcourt le véhicule, le chauffeur fume un joint, il fume, il fume un joint. L’odeur lourde du cannabis emplit l’atmosphère confinée de la cabine. Chaque fois que se dissipe le nuage de fumée qu’il recrache, son regard sonde les entrailles du bœuf éventré qui gît au milieu de la piste.
Sur le plateau arrière, la tête de la femme, l’épouse, la mère, roule de gauche à droite. Mécanique, de droite à gauche. Mécanique. Roule, gauche, droite. Et encore, roule. Là-haut, sur la casquette, sourit la tête de mort qui danse, qui danse au rythme du travail, au son des tambours, elle danse, elle rit, elle mord, hurlent les harpies, mort qui danse, qui mord, danse la mort. Les débris de verre qui jonchent le sol dessinent de fines entailles dans la peau nue des épaules de la femme. De sa bouche s’échappent des sons rauques, coups de glotte, déglutis, râles, haleine courte aux trousses du souffle perdu, des sons dont on ne sait trop s’ils expriment un plaisir ou une douleur. Les autres regardent et lui, tout à sa besogne, interroge la tête qui roule, gauche, droite, roule; danse la tête de mort.
mardi 19 avril 2011
jeudi 14 avril 2011
mardi 22 mars 2011
dimanche 20 février 2011
Féliciel Tartempion
Dans le salonPourquoi pasRester dans le salon et prendre les poussières Voilà Le plumeau est un outil performant L’aspirateur aussi Tu l’as vu celui-là Tu l’as vu Quel passeur d’aspirateur Un passeur certifié Haut de gamme La crème de la crème L’élite Pas peu dire Remettre le beurre dans le frigo La confiture Ôter les assiettes Secouer la nappe Non Le casse-noisettes ne se range pas dans le sucrier L’économe est un ustensile de première classe Et non Non Pas de balayures sous le tapis Merci Ah C’est mercredi Découper la pièce de viande Extraite du colis livré par le boucher Afin de ranger de belles tranches Dans le compartiment de congélation de mon réfrigérateur Dans le but d’avoir à portée de main De beaux biftecks à décongeler Lorsque l’envie s’en fera sentir On ne mélange pas les couteaux avec les fourchettes Et non plus Les petites avec les grandes cuillères L’ordre est le premier commandement de l’organisation La serpillière convient au nettoyage des sols Mettre le linge dans la machine à laver Choisir le programme Quel programme Disons Moyen Programme moyen Quarante degrés Hop Et voilà une bonne chose de faite Diplômé Moi Lessiveur de première classe Breveté idem Pendeur de linge fraîchement lessivé ...Extrait de "La disparition des ours" inédit 2010
mercredi 16 février 2011
mardi 21 décembre 2010
UNE JOYEUSE NOUVELLE en cette fin d'année !
dimanche 12 décembre 2010
jeudi 18 novembre 2010
AU BOIS DORMANT
samedi 13 novembre 2010
J'ai froid
jeudi 11 novembre 2010
mercredi 13 octobre 2010
A Geneviève Damas le Prix du Parlement de la Communauté française
jeudi 30 septembre 2010
vendredi 17 septembre 2010
L’air du temps Quelle poisse
Trimballe de ces odeurs
Des relents écoeurants
Qui donnent la nausée
Déjà Le cours des choses
N’était Pas exactement à l’estime de l’autre
À l’achat Sans doute Pas au respect
L’argent n’a jamais rien ennobli
Au temps du chacun pour soi
Voilà que se remet au goût du jour
La sélection Le triage
La déportation
Le pied au cul Salauds de pauvres
Dehors Dégage Tu pues
Les pauvres des pauvres Les Romanichels
Boucs émissaires de gouvernants malades
égocentriques Shootés au pouvoir
Qui ne répondent plus que par oui ou par non
Par bon ou méchant Par blanc ou noir
Gouvernants qui ont sacrifié sur l’autel de leur ambition
Les territoires immenses de la pensée
Situés Précisément Entre ce oui et ce non
Les Romanichels Dont le temps et l’érosion ont fait des Roms
N’en restera bientôt rien Ro R Pfuit Disparus
Deux grands pays Dont La patrie des droits de l’homme
Ont choisi de s’en débarrasser
Oust Fiche le camp de notre arrière-cour
On veut du propre Du poli Du policé
Du pas trop allogène Pas trop métissé
Voilà que s’installe le mépris pour la justice
Pour les institutions Pour le droit
Le droit qui fonde nos sociétés humaines
Le mépris pour la liberté de pensées
La liberté d’être
La liberté
Il va être joli l’humain qui restera
Amputé d’une part de lui-même
Mais il ne veut pas le savoir
Non surtout pas
Qu’il regarde dans la même direction que ceux qui le gouvernent
Qu’il approuve
Après tout Il a voté pour eux
Qu’il s’agenouille devant sa nation
Après tout Qu’il est bien chez lui
Il est tranquille maintenant Il est content
Il est propre et poli
Il ne répond pas
Il ne critique plus
Il ferme sa gueule
Ne me demandez pas si j’en pleure







