vendredi 17 septembre 2010

L’air du temps Quelle poisse

Trimballe de ces odeurs

Des relents écoeurants

Qui donnent la nausée

Déjà Le cours des choses

N’était Pas exactement à l’estime de l’autre

À l’achat Sans doute Pas au respect

L’argent n’a jamais rien ennobli

Au temps du chacun pour soi

Voilà que se remet au goût du jour

La sélection Le triage

La déportation

Le pied au cul Salauds de pauvres

Dehors Dégage Tu pues

Les pauvres des pauvres Les Romanichels

Boucs émissaires de gouvernants malades

égocentriques Shootés au pouvoir

Qui ne répondent plus que par oui ou par non

Par bon ou méchant Par blanc ou noir

Gouvernants qui ont sacrifié sur l’autel de leur ambition

Les territoires immenses de la pensée

Situés Précisément Entre ce oui et ce non

Les Romanichels Dont le temps et l’érosion ont fait des Roms

N’en restera bientôt rien Ro R Pfuit Disparus

Deux grands pays Dont La patrie des droits de l’homme

Ont choisi de s’en débarrasser

Oust Fiche le camp de notre arrière-cour

On veut du propre Du poli Du policé

Du pas trop allogène Pas trop métissé

Voilà que s’installe le mépris pour la justice

Pour les institutions Pour le droit

Le droit qui fonde nos sociétés humaines

Le mépris pour la liberté de pensées

La liberté d’être

La liberté

Il va être joli l’humain qui restera

Amputé d’une part de lui-même

Mais il ne veut pas le savoir

Non surtout pas

Qu’il regarde dans la même direction que ceux qui le gouvernent

Qu’il approuve

Après tout Il a voté pour eux

Qu’il s’agenouille devant sa nation

Après tout Qu’il est bien chez lui

Il est tranquille maintenant Il est content

Il est propre et poli

Il ne répond pas

Il ne critique plus

Il ferme sa gueule

Ne me demandez pas si j’en pleure

S.C. 17 septembre 2010

jeudi 2 septembre 2010



"Le ventre de la baleine"

avec Valérie Dablemont,
et Spike aux instruments
Mise en scène Vincent Goethals





(crédit : Spike)
du 17 au 24 septembre
au Théâtre Les Bambous
à Saint-Benoît
La Réunion
+262503863

lundi 12 juillet 2010

vendredi 11 juin 2010

Le mercredi 7 juillet à 16h30
Inauguration de L'ESPACE 40 au n°40 de la rue Thiers en Avignon
Rencontre-lecture avec Stanislas Cotton
animée par Emile Lansman
(Conversation et lecture d'extraits de mes derniers textes)
"LA MANUFACTURE a confié à Prothédis, l'animation et la gestion de l'ESPACE40, rue Thiers / Lecture(s) et Librairie. Il sera ouvert du 8 au 14 juillet de 11 à 16h et du 15 au 26 juillet de 11 à 18h. Il proposera de nombreux textes de théâtre publiés pas des éditeurs belges spécialisés ou en lien avec la programmation de la Manufacture, des Doms et, pour les auteurs belges, de tous les autres lieux de programmation. On y trouvera également des revues spécialisées, un coin "théâtre et poésie", etc.
Il comprendra un point de vente et une salle de lecture (à partir du 15) animé par Aurélie Bureau, collaboratrice de l'association belge Prothédis (Promotion Théâtre Distribution), qui guidera les visiteurs dans leur découverte des auteurs belges et tentera de répondre à leurs recherches individuelles.
Des rencontres-lectures permettront également d'entendre des extraits de textes lus par leur auteur. Il sera également possible d'entendre individuellement l'enregistrement d'extraits de pièces lues par leurs auteurs dans le cadre d'une collaboration avec la SACD.
Le projet est soutenu par le Centre Wallonie-Bruxelles à Paris et le CED-WB."

Emile Lansman

jeudi 10 juin 2010




La Strada Cie a le plaisir de vous inviter à l’une des représentations de "Bureau national des Allogènes", du 8 au 27 juillet 2010 à 17 h à la Caserne des Pompiers, 116 rue de la Carreterie - 84000 Avignon.
Ce spectacle a été sélectionné par la Région Champagne-Ardenne pour la représenter au Festival d'Avignon.

Rigobert Rigodon reçoit à longueur de journée, derrière son bureau, les naufragés, les demandeurs d'asile, les "venus des bouts du monde" que le vent lui porte avec son lot de misères, de guerres, de famines.
Tenu de respecter les quotas, la plupart du temps il tamponne et "retourne à l'envoyeur".
Mais, à force, la cervelle tricotant sa folie, il finit par être tiraillé entre les circulaires européennes et sa sensibilité d'être humain, entre devoir et compassion.
Tout a commencé le jour où Barthélémy Bongo, homme dépossédé de tout, est venu lui demander si, "en tant qu'être humain", il pouvait rester ici...

Avec "Bureau national des Allogènes", le théâtre place une fois de plus le spectateur au coeur d'un des débats les plus "grinçants" de l'actualité politique et sociale de notre temps.
Cependant, le texte de Stanislas Cotton, loin de proférer des messages politiques, nous laisse entendre une langue vive, ludique, musicale, subtile et incisive aussi, soulignant de toutes les manières, le parti pris très clair de l'auteur de vouloir tenir fermement le réel à distance.
Il en résulte un théâtre où le sensible flirte avec le grotesque pour notre plus grande jubilation.



La Strada Cie
Direction artistique : Catherine Toussaint, François Cancelli
1 bis avenue de Lattre de Tassigny
10000 Troyes
03 25 83 28 22
la-strada2@wanadoo.fr
http://www.lastrada-cie.com/

Avec : Joël Lokossou, Denis Jarosinski, François Cancelli
Mise en scène : Catherine Toussaint
Scénographie : William Noblet
Costumes : Hanna Sjödin
Musique : Denis Jarosinski
Lumières : Daniel Linard


Au plaisir de vous rencontrer très prochainement…

mardi 27 avril 2010

AVIGNON 2010

La Compagnie LA STRADA présentera sa mise en scène de

BUREAU NATIONAL DES ALLOGENES

à la Caserne des pompiers, 116 rue de la Carreterie
du 8 au 27 juillet 2010

mercredi 24 mars 2010

LA STRADA

Un extrait de "Bureau national des allogènes" dans la mise en scène de Catherine Toussaint pour la Compagnie La Strada, avec Joël Lokossou, Denis Jarosinski et François Cancelli. Ici...

mercredi 17 février 2010

FOIRE DU LIVRE de Bruxelles


DUO : Olivier Coyette - Stanislas Cotton
animé par Emile Lansman
le vendredi 5 mars à 16h à 17h- stand SACD (334)

Je serai sur la stand (333) des EDITIONS LANSMAN
le vendredi 5 mars de 17h à 18h

mercredi 4 novembre 2009

Comité de lecture du Tarmac de la Villette

Lecture des textes lauréats 2009, le 12 novembre.

19h - Le petit boucher de Stanislas COTTON
mise en lecture par Sonia RISTIC
avec Madalina CONSTANTIN

20h30 - Janna, coupable d'avoir dit non de René GEORGES
mise en lecture par Alexandra BADEA
avec
Madalina CONSTANTIN, Corentin KOSKAS, Criss NIANGOUNA, Carine PIAZZI et Ydire SAÏDI

mardi 27 octobre 2009

Elles-alphabet

En mars dernier, Didier Bernard créait ce texte avec la complicité de comédiennes professionnelles et de quinze femmes issues du département de l'Ardèche, sous l'aile productrice de Lardenois et Cie et du Théâtre de Privas. Le photographe Jacques Montcomble a accompagné les répétitions et glissé, avec pudeur et discrétion, son objectif au milieu de ces femmes.
Son très beau travail est à découvrir en cliquant sur ce lien.
Belle promenade !

jeudi 17 septembre 2009

TANGO LUMBAGO



















Clémentine Lebocey et Logan De Carvalho dans "TANGO LUMBAGO", du 5 au 10 octobre à L'Usine/Comédie de Saint-Etienne. Plus d'infos...






mercredi 2 septembre 2009

NOUVEAUX DESORDRES EUROPEENS

- Cinq courtes pièces pour la Comédie -

Création le 11 septembre 2009

Textes Rocco D'Onghia (Italie), Nikolaï Khalezine (Biélorussie)
Stanislas Cotton (Belgique), Evelyne Loew (France),
Kokouvi Dzifa Galley (Togo) /

mise en scène Nathalie Ortéga

Comédie de Saint-Etienne/L'Usine

Les infos...

lundi 29 juin 2009


Je vous souhaite un bel été et d'excellentes vacances !

vendredi 29 mai 2009

BUREAU NATIONAL DES ALLOGENES

"Rigobert Rigodon mène une vie sans souci : marié, un enfant... et un emploi de fonctionnaire au Bureau national des Allogènes, centre de tri des étrangers. Seulement voilà, l'étrange envie de sauter du sixième étage du Ministère saisi soudain ce "monsieur comme tout le monde" : geste fatal, état déplorable, désordre ! Pourtant, l'âme du défunt flotte encore parmi les vivants pour raconter son étrange rencontre avec Barthélémy Bongo venu lui demander si, "en tant qu'être humain", il pouvait rester ici..."

Mise en scène Vincent Goethals assisté par Isabelle Lusignan, avec Baptiste Roussillon, Tadié Tuéné et Solo Gomez - Scénographie Jean-Pierre Demas - Lumières Philippe Catalano - Environnement sonore Bernard Vallery - Costumes Dominique Louis.

du 11 au 26 juin 2009
les mardis et jeudis à 19h30
les lundis, mercredis, vendredis et samedi à 20h30

au Théâtre de l'Est parisien
159, avenue Gambetta 75020 Paris
01 43 64 80 80

(crédit photo : Eric Legrand)


Durant les deux semaines de représentations, j'ai invité l'artiste romain Mauro Martoriati à exposer "L'esercito dei poveri - L'armée des pauvres", une oeuvre fleuve sur laquelle il travaille pour l'instant. Pour en savoir plus...

samedi 16 mai 2009


"POUM !"

Dans une ville imaginaire où une guerre fait rage, la maison de Saturnin Ribouldingue, le marchand de fleurs, est détruite lors d’un bombardement. Coincé dans les décombres, il tente d’appeler des secours au moyen de son téléphone portable… Les secours n’arriveront pas. La famille Ribouldingue, le propriétaire de la maison et un soldat se retrouvent autour du corps de Saturnin, dans les ruines de la demeure. Là, les uns et les autres se dévoilent, vrais visages et parts d’ombres surgissent sous le vernis craquelé qui cachait la vérité de chacun.

L’énorme tragédie intemporelle se met en place. Poum !

Mise en voix de Virginie Thirion

le dimanche 7 juin 2009 à 18 h

Au Théâtre Royal du Parc
3 rue de la Loi - 1000 Bruxelles
+32 2 5053030

(crédit photo : S. Cotton)


lundi 4 mai 2009

                                    LA DICTEE








Crédit photos : S. Cotton
Jean-Baptiste Anoumon, Denis Ardant, Ophélie Marsaud et Stéphanie Rongeot.

lundi 30 mars 2009




La Dictée

Théodule n'y arrive pas ! Il a beau essayer, quand vient l'heure redoutée de la dictée, il s'envole, s'enfuit là où les mots ne mangent plus personne, là où les tapis volants prennent deux ailes. Il s'enfuit pour ne pas se noyer dans cette mer de lettres, de points et de virgules. Pourtant, autour de lui, on aimerait l'aider. Sa mère, le directeur de l'école et sa professeur de français espèrent tous dénicher la panne et réparer. Mais encore faudrait-il qu'eux aussi trouvent les mots pour le dire et ne débordent pas du cadre dans de jubilatoires scènes de panique !

Les dyslexies touchent - selon diverses sources - de 8 à 10 % des enfants scolarisés. Ce sont des déficits spécifiques de l'apprentissage du langage oral et écrit. Leurs causes seraient, entre autres, liées à une maturation "différente" du cerveau. En France, ces handicaps sont reconnus par le Ministère de l'éducation nationale.

du 27 avril au 15 mai 
au Théâtre de l'Est parisien
159 av Gambetta 75020 Paris
01 43 64 80 80

le 19 mai à 14h et 19h30
au Centre Culturel Salvador Allende
1 av du Dauphiné 
93330 Neuilly-sur-Marne
01 43 00 88 88


samedi 21 février 2009

ELLES - ALPHABET

Conception, mise en oeuvre et mise en scène, Didier BERNARD

Création 2009 

Lardenois et Cie au Théâtre de Privas
avec Céline Arnaud, Anne-Lise Faucon, Agnès Regolo, comédiennes, 
Claude Seychal, musicienne
et le choeur des femmes : Nassima Aïchouche, Laurence Allefresde, Colette Bultez, Pénélope Canet, Denise Cahen, Aude Cathala, Béatrice Chautard, Mireille Cluzet, Laurette Detre, Nadia Elghissassi, Céline Gilibert, Christine Rousselle, Brigitte Trentin, Aicha Zountar. 

vendredi 6 mars à 20h30
samedi 7 mars à 20h30
dimanche 8 mars à 17h

04 75 64 93 39
billetterie@theatredeprivas.com

Théâtre de Privas, Place André Malraux 07001 Privas


lundi 1 décembre 2008

Une nouvelle création de "Bureau national des allogènes" à Montpellier.
































Crédit photos : Marc Ginot

La Compagnie Les Perles de verre à présenté une nouvelle mise en scène de la pièce au Théâtre d'O de Montpellier et au Périscope de Nîmes en novembre dernier. 
Mise en scène de Béla Czuppon et Hélène de Bissy avec Béla Czuppon et Babacar M'Faye Fall.


dimanche 19 octobre 2008

"Le pire qu'une époque puisse créer ce sont des gens qui n'ont plus rien à perdre."

James Baldwin

mardi 9 septembre 2008

à propos du Ventre de la baleine

Lu dans Cassandre/Horchamps - été 2008 ( Le site de Cassandre)

(...) Le texte de Stanislas Cotton est écrit sans point, ciselé et nourri d'élégances. Petit à petit, on découvre le tragique de la situation. Il se dégage alors un théâtre incisif et violent. Sans répit. Sans compromis, pour raconter l'histoire de cette déesse, de cet amour immortel battu jusqu'au sang. Sans vulgarité non plus.
La précision, le talent, l'intelligence de Valérie Dablemont, la comédienne qui interprète le personnage d'Aphrodite, et le qualité de la musique de Spike jouée en direct, donnent vie avec sensibilité et émotion à cette histoire. (...)
A l'heure des commémorations de mai 68 et du rappel des acquis d'égalité et de droits conquis par les luttes des femmes des années 70, on sort saisi aux tripes de cette pièce. (...)
En France, une femme meurt tous les jours dans un océan d'indifférence sous les coup de son conjoint. Une fois de plus, c'est le théâtre de texte qui se charge de nous le rappeler. Cette fois-ci encore avec brio et sans didactisme.
Marc Tamet


Plongée en eaux blessées

La Compagnie Pat Prod, associée à Théâtre en Scène, dirigée par le metteur en scène Vincent Goethals, apporte à Avignon trois pièces de l'auteur belge Stanislas Cotton. "Le Ventre de la baleine" investit jusqu'au 27 juillet le Studio Théâtre Avignon temps danse, lieu d'accalmie hors des remparts, à quinze minutes à pied de la rue des Teinturiers. Ce qui se vit et se dit dans ce ventre ne repose pas : ça se dépose dans le vôtre, le décompose et explose... (Lire la suite.)



jeudi 7 août 2008

JE NE SAIS RIEN

"Il faut admettre qu'on ne sait rien, cot, cot, cot, comme disent les poules." Witold Gombrowicz

Il y a quelques temps, un spectateur strasbourgeois me demandait après une lecture, si je venais d'un endroit de Belgique où l'on parlait une langue singulière pour que la mienne - de théâtre - soit ainsi teintée de métaphores, de sonorités étranges et de mariages improbables entre les mots. je répondis sans hésiter que je venais tout droit d'un territoire appelé poésie, de ses contrées infinies qui ignorent les frontières et qui conjuguent à tous les temps de l'imaginaire les questions éternelles qui habitent nos coeurs et nos âmes d'êtres humains, que j'y étais né quarante-cinq ans plus tôt comme pouvait le lui certifier mon acte de naissance.
Le spectateur a souri et s'est déclaré satisfait de ma réponse.

Je suis un poète, je le revendique, c'est sans doute-là, ma seule certitude car le doute demeure ma nourriture essentielle.

Je regarde la course du monde, avide de profits, course qui ressemble plus à une fuite en avant qu'à une progression raisonnée, et je m'effraie : nous sommes en piteux état, multitude de "moi je " dans une société morcelée, où les individus, orphelins du "nous", s'affrontent sans pitié. Les seules réponses qui comptent aujourd'hui sont : oui ou non; étrange mode binaire dans lequel nous vivons, partagés entre ce oui et ce non, entre ce noir et ce blanc, ce bien et ce mal, toutes choses simplifiées, car entre ce oui et ce non, s'étend l'immense territoire de la pensée, l'espace du doute et de la remise en question. 

Notre société a plus que jamais besoin d'artistes qui interrogent le sens de la vie que nous menons, elle a besoin d'être prise à partie, d'être secouée, de nouvelles questions doivent être posées pour ébranler le refuge confortable des certitudes.

Je suis un rêveur, d'accord, un trousseur, un détrousseur, un retrousseur de mots, un tailleur de phrases, je l'entends bien; je sculpte, bien sûr, je peins, je compose... J'écris en fait et je demeure un rebelle qui donnera des coups de poing tant qu'il y aura des tables, qui partira toujours en guerre, menaçant à coups de poésie les injustices de notre temps. Ecrire du théâtre, c'est, pour moi, combattre l'injurieux, l'inéquitable pour l'être humain, c'est refuser l'arbitraire et garder à l'esprit les notions lumineuses que sont la liberté, l'égalité et la fraternité.

Avec pour arme, la poésie, sans répit, sans retrait ; et le rire, parce qu'il désarme, parce qu'il dénoue, parce qu'il parle si juste, dire les infortunes, ces ornières dans le cours des chemins, contre lesquelles nous butons tout au long de nos vies.

Je crée des personnages auxquels je donne des noms improbables, ainsi, Apolline Lonlère, Rigobert Rigodon, Lara O'Lala, Angelin Diguedon, Bégonia Tchoum, Alcidias Patapon, Saturnin Ribouldingue ou Cléodor Boumlalère... surgissent et emportent, bonhommes, les spectateurs par la main dans leurs mondes étranges et peu communs. Devant tant de fantaisie, le spectateur rassuré, sourit : voilà donc de bien singulières personnes dans leurs mondes particuliers. Mais petit à petit ces personnages se dépouillent de leur singularité et leur véritable visage apparaît, humain, reflet de nous-mêmes, et les contours de leurs mondes ressemblent tout-à-coup très fort au nôtre. C'est là que je suis au coeur du théâtre que je veux faire, à cet endroit du trouble où les couleurs de la fable prennent celle de notre réalité, c'est là que grandit l'émotion. je me suis toujours demandé à quoi servait le théâtre s'il ne bouleversait pas ses spectateurs.

Je considère que l'écriture dramatique est d'utilité publique, car elle sonde, elle questionne, elle explore les heurs et les malheurs de nos sociétés. Elle est le lieu du débat, de la confrontation, la scène où s'expose les enjeux qui gouvernent nos vies, où se révèle la complexité de nos natures d'êtres humains. Ce regard des hommes sur les hommes nous éclaire, il nous aide à penser et à grandir, il doit être, par la poésie, le privilège du plus grand nombre, car la poésie laisse à chacun de nous, la liberté de la comprendre et de l'interpréter, quelle que soit l'étendue de nos connaissances. Voilà certainement pourquoi depuis son invention, cet art - le théâtre - inquiète ceux qui détiennent le pouvoir.

L'écriture est pour moi un acte de jouïsive indiscipline. A quoi bon l'ordre si l'on ne peut lui faire goûter un peu d'anarchie, pourquoi édicter des règles si l'on ne peut leur botter les fesses, à quoi bon nous choisir des chefs si l'on ne peut les faire vaciller, au moins virtuellement, sur leur piédestal.

L'écriture est aussi pour moi une quête, perpétuelle et insatisfaite, de la beauté, je suis à sa recherche, je suis dans les pas du compositeur, dans ceux du peintre, ceux du sculpteur, ceux de tout ceux-là qui tâtonnent dans l'ombre en cherchant la lumière.

L'auteur dramatique est un scaphandrier qui s'immerge dans la société contemporaine, il s'enfonce dans des puits limpides, il examine les zones d'ombres, il prospecte, il doute parfois dans les ténèbres, il remue des fonds avec le soc de sa plume, et remonte plus souvent à la surface, la lie que le nectar de nos vies, c'est vrai, mais la quête de la joie, ne passe-t-elle pas par la révélation des maux qui nous rongent.

Je ne sais rien, je ne sais rien du tout, mais la joie, la joie je la cherche, elle est là, tout près, et nous le savons si peu.

Stanislas Cotton, mai 2008



jeudi 22 mai 2008

2008 FESTIVAL D'AVIGNON 2008

LES TROIS CREATIONS DE VINCENT GOETHALS SONT EN AVIGNON !




Anna Lien,
Caroline Mounier
et Jonathan Heckel
Crédit : Eric Legrand



THEATRE PRESENCE PASTEUR
13, rue du Pont Trouca, Avignon
Réservation : +33432741854

Tadié Tuéné  Crédit : Eric Legrand

Du 10 au 17 juillet à 10h30
BUREAU NATIONAL DES ALLOGENES
Mise en scène Vincent Goethals, avec Baptiste Roussillon, Tadié Tuéné et Solo Gomez.

Du 19 juillet au 2 août à 10h30
SI J'AVAIS SU J'AURAIS FAIT DES CHIENS
Mise en scène Vincent Goethals, avec Anna Lien, Caroline Mounier, Jonathan Heckel et Sébastien Amblard.

AVIGNON TEMPS DANSE
Avenue des Sources/1 Impasse Masséna, Avignon
Tel : +33611628931
info@avignontempsdanse.fr
www.avignontempsdanse.fr

Du 13 au 27 juillet à 14h
LE VENTRE DE LA BALEINE
Mise en scène Vincent Goethals, avec Valérie Dablemont